Dans une requête adressée au président de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés, la communauté haoussa de Banyo dénonce l’hégémonie expansionniste du lamido. “ Nous dénonçons la marginalisation faite à la communauté haoussa par sa majesté Haman Gabdo Yaya, lamido de Banyo et compagnie. Celle-ci est à l’origine des conséquences soupçonnées et insoupçonnées. C’est une violation des Droits de l’homme et des minorités. ”
La communauté haoussa soutient que ses malheurs sont consécutifs aux événements qui datent de la période des renouvellements des structures de base du Rdpc, et ceux précédant les élections couplées (législatives et municipales 2007). Dans la requête, il est fait état, des violations dont ils ont été victimes. Les plus révoltantes étant : la négation de la nationalité des personnes qui la constituent (les haoussas taxés de Nigérians) ; la violence physique (bastonnades) ; la violence morale (terreur avec des menaces de morts sur des individus, des destructions de biens) ; les injures ; l’exclusion de la vie politique (exclusion au sein du Rdpc) et la menace d’extradition de la ville.
“ Ces violences ont atteint leur paroxysme après les élections couplées (législatives et municipales 2007). Le monarque de Banyo, tête de liste du Rdpc (il est à l’origine du départ de plusieurs militants), a senti l’échec de son parti s’approcher (échec annoncé par le ministre d’Etat à travers les ondes des médias et relayé par la population). De ce fait, il a constitué sa cour en un véritable bataillon de guerre. Des jeunes bien montés, enroulés et drogués ont été ligués contre la communauté haoussa et ses alliés.
Le 24 juillet 2007, à l’annonce des tendances des élections par le Minatd, le lamido de Banyo a sorti le tambour et la cloche de guerre qu’il a aussitôt fait résonne ” , relatent les signataires. La requête est assortie d’une liste des élites haoussa et de leurs alliés, que le Lamido s’apprêterait à envoyer à la potence.
Des pontes du Rdpc accusés
La communauté haoussa accuse nommément certains dignitaires de la chefferie, au rang desquels Abba Sadou (militant Rdpc, conseiller spécial du Premier ministre, président de la commission départementale de campagne pour le Rdpc) ; Ibrahim Dewa (député Rdpc sortant, tête de liste des législatives, cadet du ministre Hamadjoda Adjoudji, notable de la cour) ; le ministre Hamadjoda Adjoudji lui même, (notable de la cours, secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc) ; Hamida Dewa (maire sortant, cadet du lamido, notable de la cour) ; Alim Dobai (président de la section Rdpc du Mayo Banyo nord, valet du lamido) ; Moussa Aboubakar (proviseur du lycée classique de Ngaoundéré, prince de la cour)…
La requête relève que de pareilles attitudes sont de nature à mettre en cause la paix sociale et même l’instabilité de la République. “ Sa majesté et compagnie ne font pas dans la dentelle pour faire apparaître leur néo-hégémonisme et leur tribalisme ”. El Hadj Oumarou Balla et l’ancien député Rdpc, Aoudou Dang Assabé, représentants et signataires de la requête implorent l’arbitrage de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés. Ils souhaitent que la communauté haoussa soit rétablie dans ses droits de citoyen. Que la justice soit faite et que soit freinées les ardeurs du monarque. La requête a été envoyée à plusieurs institutions républicaines : la présidence de la République, le Minatd, le gouverneur de l’Adamaoua, le préfet du Mayo Banyo et le comité africain de droit de l’homme et libertés. Comme pièces à conviction, un Cd illustrant les événements, des photos et des copies des certificats médicaux de certaines victimes sont jointes au dossier.
Par Souley ONOHIOLO pour Le Messager
Le 05-08-2007 |