Dans son édition électronique du 4 juillet 200è le quotidien Mutations
rapporte qu'une bagarre a éclaté entre des militants du RDPC
et les membres de la commission permanente de distribution
de cartes électorales, parmi lesquels des militants du ...RDPC.
Comment cela peut-il être possible? Les premiers devraient
en principe être occupés à mobiliser leurs électeurs tandis
que les seconds seraient débordés de travail à cause de toutes
les tâches qui, du moins je m'imagine les choses ainsi, doivent
être accomplies pour garantir un bon déroulement des élections.
C'est sans compter avec les vieux reflexes, l'amateurisme
et les mauvaises volontés des uns et des autres. A voir la
légéreté avec laquelles les representants de l'administration
et ceux des partis politiques s'acquittent de leurs tâches
respectives on ne peut s'empêcher d'y voir une volonté inavouée
de fausser le jeu électoral et d'empêcher l'expression de
la volonté de l'electeur.
Le sous-préfet de Douala 3e décide d'offrir aux formations
politiques la possibilité de retirer les cartes de leurs militants
pour en assurer la redistribution dans les quartiers!.
La loi électorale dit en son article 66 d'une part que "la
distribution des cartes électorales est faite sous le contrôle
de la commission" commission chargée du contrôle de l'établissement
et de la distribution des cartes électorales. Et d'autres
parts que "les cartes qu'il n'a pas été possible de remettre
à leurs titulaires sont déposées aux bureaux de vote où ceux-ci
sont inscrits. Elles y restent à la disposition des intéressés
jusqu'à la clôture du scrutin. Elles ne peuvent être délivrées
aux intéressés que sur le vu des pièces d'identité. A défaut
de ces pièces, l'authentification de l'identité de chaque
titulaire doit être attestée par deux témoins inscrits sur
les listes électorales du bureau de vote. Procès-verbal de
cette opération est alors dressé, signé par le titulaire et,
le cas échéant, par les témoins, et paraphé par le président
de la commission de distribution des cartes électorales.
Comment imaginer que ces dispositions puissent être respectées
par des candidats aux élections dans un contexte comme celui
de ce Cameroun de Paul Biya, et de surcroit "au quartier"?
Ici on peut clarement dire que le sous-préfet a pris sur
lui la décision de violer au minimum l'ésprit de la loi, sinon
de violer tout court la loi électorale et d'ouvrir les portes
à la fraude et aux manipulations. Car comment définir des
notions aussi vagues que "distribuer les cartes à leurs
électeurs"? Qui peut s'assurer qu'il n y ai pas de marchandages,
de mise sous pression des électeurs etc? Comment garantir
l'exercice libre et en toute conscience du droit de vote si
la remise de la carte d'électeur se passe "au quartier"?
Des voix se sont élevés un peu partout pour dire que ces
élections, qui sont une mascarade, devraient être boycottées
tant qu'il n y a pas une Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI). Au vu de ce qui se passe à Douala
et ailleurs dans le pays on ne peut que leur donner raison.
Il n y a pas un alternative crédible au boycott et à l'abstention
si on ne veut pas se faire complice d'une parodie d'élection.
Tout Parti politique qui a tant soit peu un souci de l'avenir
de la démocratie au Cameroun devrait se rétirer de cette mascarade
électorale. Tout citoyen respectueux de soit et de son pays
devrait rester chez lui le 22 juillet 2007. C'est le seul
bon acte citoyen, le seul geste republicain appropprié et
la seule réponse qui peut constituer un signal fort à l'adresse
de cette élite corrompue qui nous dirige.
Roufaou Oumarou
Documents utiles : Loi
du 16 décembre 1991 fixant les conditions d'élection des députés
à l'Assemblée nationale |