«A people without the knowledge of their past history, origin and culture is like a tree without roots«
Marcus Garvey
«La liberté coûte très cher et il faut,
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José Marti

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"La plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est vraiment victorieux, l'homme resté seul et qui continue de lutter dans son coeur. Je ne veux pas qu'aux portes du pays des morts le douanier trouve des souillures à mes pieds."
Elections législatives du 22 Juillet : discordes à Douala autour de la distribution des cartes d'électeurs
 

Dans son édition électronique du 4 juillet 200è le quotidien Mutations rapporte qu'une bagarre a éclaté entre des militants du RDPC et les membres de la commission permanente de distribution de cartes électorales, parmi lesquels des militants du ...RDPC.

Comment cela peut-il être possible? Les premiers devraient en principe être occupés à mobiliser leurs électeurs tandis que les seconds seraient débordés de travail à cause de toutes les tâches qui, du moins je m'imagine les choses ainsi, doivent être accomplies pour garantir un bon déroulement des élections.

C'est sans compter avec les vieux reflexes, l'amateurisme et les mauvaises volontés des uns et des autres. A voir la légéreté avec laquelles les representants de l'administration et ceux des partis politiques s'acquittent de leurs tâches respectives on ne peut s'empêcher d'y voir une volonté inavouée de fausser le jeu électoral et d'empêcher l'expression de la volonté de l'electeur.

Le sous-préfet de Douala 3e décide d'offrir aux formations politiques la possibilité de retirer les cartes de leurs militants pour en assurer la redistribution dans les quartiers!.

La loi électorale dit en son article 66 d'une part que "la distribution des cartes électorales est faite sous le contrôle de la commission" commission chargée du contrôle de l'établissement et de la distribution des cartes électorales. Et d'autres parts que "les cartes qu'il n'a pas été possible de remettre à leurs titulaires sont déposées aux bureaux de vote où ceux-ci sont inscrits. Elles y restent à la disposition des intéressés jusqu'à la clôture du scrutin. Elles ne peuvent être délivrées aux intéressés que sur le vu des pièces d'identité. A défaut de ces pièces, l'authentification de l'identité de chaque titulaire doit être attestée par deux témoins inscrits sur les listes électorales du bureau de vote. Procès-verbal de cette opération est alors dressé, signé par le titulaire et, le cas échéant, par les témoins, et paraphé par le président de la commission de distribution des cartes électorales.

Comment imaginer que ces dispositions puissent être respectées par des candidats aux élections dans un contexte comme celui de ce Cameroun de Paul Biya, et de surcroit "au quartier"?

Ici on peut clarement dire que le sous-préfet a pris sur lui la décision de violer au minimum l'ésprit de la loi, sinon de violer tout court la loi électorale et d'ouvrir les portes à la fraude et aux manipulations. Car comment définir des notions aussi vagues que "distribuer les cartes à leurs électeurs"? Qui peut s'assurer qu'il n y ai pas de marchandages, de mise sous pression des électeurs etc? Comment garantir l'exercice libre et en toute conscience du droit de vote si la remise de la carte d'électeur se passe "au quartier"?

Des voix se sont élevés un peu partout pour dire que ces élections, qui sont une mascarade, devraient être boycottées tant qu'il n y a pas une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Au vu de ce qui se passe à Douala et ailleurs dans le pays on ne peut que leur donner raison. Il n y a pas un alternative crédible au boycott et à l'abstention si on ne veut pas se faire complice d'une parodie d'élection.

Tout Parti politique qui a tant soit peu un souci de l'avenir de la démocratie au Cameroun devrait se rétirer de cette mascarade électorale. Tout citoyen respectueux de soit et de son pays devrait rester chez lui le 22 juillet 2007. C'est le seul bon acte citoyen, le seul geste republicain appropprié et la seule réponse qui peut constituer un signal fort à l'adresse de cette élite corrompue qui nous dirige.

Roufaou Oumarou

Documents utiles : Loi du 16 décembre 1991 fixant les conditions d'élection des députés à l'Assemblée nationale

 
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