«A people without the knowledge of their past history, origin and culture is like a tree without roots«
Marcus Garvey
«La liberté coûte très cher et il faut,
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José Marti

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"La plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est vraiment victorieux, l'homme resté seul et qui continue de lutter dans son coeur. Je ne veux pas qu'aux portes du pays des morts le douanier trouve des souillures à mes pieds."
Cameroun : affrontements entre Babouté et Haoussa à Banyo

Parce qu'il ne veut pas accepter les résultats des élections législatives et municipales du 22 juillet 2007 le lamido Mohaman Gabdo Yaya de Banyo organise des affrontements interethniques à Banyo.


"A bon rat, bon chien", affirme le Lamido Mohaman Gabdo Yaya de Banyo. Ses bons cheins à lui sont des jeunes gens désoeuvrés et des membres de sa garde qu'il lance , armés de machettes, de fouets, de gourdins et de flèches à la chasse aux opposants dans la ville de Banyo. Au lendemain des élections du 22 juillet, beaucoup dans cette ville de l'Adamaoua ont l'impression de se trouver au Rwanda en 1994.

Dès mardi matin la milice privée du Lamido, tels les "interhahamwe" rwandais lors du génocide de 1994, prirent d'assaut les domiciles plusieurs personnes dans la ville de Banyo, parmi lesquelles Alhadji Mamoud Moustapha, tête de liste de l'UNDP dans le Mayo Banyo. Plusieurs personnes seront sauvagements battues et gravement blessées à coup d'armes blanches. D'après certaines sources que nous avont joint sur place, une dizaine de personnes au moins ont dû être soignées à l'hopital, portant des blessures à la tête, aux côtes, aux bras, au dos et aux jambes. A l'heure actuelle tous les blessés ont quitté l'hôpital, entre autre parce qu'elles craignent d'y être achevées pendant la nuit.

Outre El Hadj Oumarou Balla, président de l’Association de développement du Mayo Banyo (Adem), l'ancien député RDPC Aoudou et Alhadji Mamoud Moustapha (UNDP) figurent parmi les victimes des agressions.

D'après des informations concordantes recueillies sur place les forces de l'ordre ne feraient pas grand-chose pour mettre fin aux aggressions. Elles se contenteraient d'empêcher toute manifestation organisée dans la zone du palais royal.

Attaques ciblées contre certaines personnalités

Join au téléphone par nos soins, Alhadji Mamoud Moustapha (UNDP) réfute la version d'un affrontement purement inter-éthinique entre Haoussa et Babouté. Pour lui il s'agit d'attaques préméditées et ciblées lancées contre des personnalités bien précises orchestrées au lendemain des élections du 22 juillet par le Lamido et par l'ancien Ministre Hamadjoda Adjoudji, afin d'éliminer toute opposition à leur pouvoir dans la ville. Ils n'ont pas hesité à attaquer leurs propres camarades, des membres du RDPC qui se sont opposés au Lamido lors des primaires au sein du Parti-Etat. C'est dans ce cadre que, fidèle à la tactique qui consiste à diviser pour régner, ils n'hésitent pas à instrumentaliser les tensions inter-ethniques dans la ville de Banyo et ses environs.

Alhadji Mamoud Moustapha appel tous les fils et filles de la ville de Banyo et du département de Mayo-Banyo à refuser ce piège ethnique tendu par le rdpc et de défendre ensemble leurs droits légitimes. Il lance un appel à la communauté nationale et internationale à prendre des mésures immédiates afin de prevenir un massacre de civils innocents.

Leur sécurité n'étant plus assurée, beaucoup de personnes ont dû faire appel à des vigiles privés pour garder leurs maisons. D'autres ont dû fuir la ville pour se réfugier à Ngaoundére, Bertoua, Yaoundé ou même à l'étranger.

Féodalités

Afin de s'assurer la soumission des citoyens de Banyo par la terreur, le Lamido exigerait désormais que tout le monde se mette débout et se décoiffe lorsqu'il passe dans la rue. Faute de quoi les concernés sont agressés et battus par la garde du monarque. Une interdiction a également été lancée vendredi à plusieurs personnes de venir assister à la prière de Vendredi à la mosquée centrale de la ville. Toutes ces mésures sont prises sans aucune base légale.

En principe le Lamido, gardien de la tradition, symbole de l’unité et de la paix a pour mission de rassembler les citoyens. Il est le chef de tous ses sujets et non d’un groupe, fût-ce celui des supporters du regime de Paul Biya. En sa qualité d’auxiliaire de l’administration, il doit transmettre et expliquer à son peuple les directives du gouvernement mais aussi défendre les intérêts de son royaume vis-à-vis du pouvoir politique. Sur le plan spirituel il est la plus haute autorité du royaume et le personnage le plus proche de l'imam de la Mosquée.

Il doit concourir au développement économique, social et culturel de Banyo au lieu d'accompagner la ville dans sa descente aux enfers. En un mot il doit être un agent de développement et un apôtre de la paix. Or non seulement pratiquement tous les services publiques élementaires manquent cruellement (écoles, hopitaux, poste, hygiène publique...), la ville de Banyo ne dispose di d'eau potable, ni d'électricité, ni de téléphone. Il n y a ni fax, ni internet, ni télévision, ni radio autres que l'inévitable crtv.

Avec son implication dans l'organisation et l'execution d'une veritable terreur contre ses propres sujets dans le but d'assurer le Pouvoir au RDPC le Lamido de Banyo a privé ses sujets du seul bien qui leur restait encore : la paix et l'unité.

Roufaou Oumarou

 

 
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