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"A bon rat, bon chien",
affirme le Lamido Mohaman Gabdo Yaya de Banyo. Ses bons cheins
à lui sont des jeunes gens désoeuvrés
et des membres de sa garde qu'il lance , armés de machettes,
de fouets, de gourdins et de flèches à la chasse
aux opposants dans la ville de Banyo. Au lendemain des élections
du 22 juillet, beaucoup dans cette ville de l'Adamaoua ont
l'impression de se trouver au Rwanda en 1994.
Dès mardi matin la milice privée du Lamido,
tels les "interhahamwe" rwandais lors du génocide
de 1994, prirent d'assaut les domiciles plusieurs personnes
dans la ville de Banyo, parmi lesquelles Alhadji Mamoud Moustapha,
tête de liste de l'UNDP dans le Mayo Banyo. Plusieurs
personnes seront sauvagements battues et gravement blessées
à coup d'armes blanches. D'après certaines sources
que nous avont joint sur place, une dizaine de personnes au
moins ont dû être soignées à l'hopital,
portant des blessures à la tête, aux côtes,
aux bras, au dos et aux jambes. A l'heure actuelle tous les
blessés ont quitté l'hôpital, entre autre
parce qu'elles craignent d'y être achevées pendant
la nuit.
Outre El Hadj Oumarou Balla, président de l’Association
de développement du Mayo Banyo (Adem), l'ancien député
RDPC Aoudou et Alhadji Mamoud Moustapha (UNDP) figurent parmi
les victimes des agressions.
D'après des informations concordantes recueillies
sur place les forces de l'ordre ne feraient pas grand-chose
pour mettre fin aux aggressions. Elles se contenteraient d'empêcher
toute manifestation organisée dans la zone du palais
royal.
Attaques ciblées contre certaines personnalités
Join au téléphone par nos soins, Alhadji Mamoud
Moustapha (UNDP) réfute la version d'un affrontement
purement inter-éthinique entre Haoussa et Babouté.
Pour lui il s'agit d'attaques préméditées
et ciblées lancées contre des personnalités
bien précises orchestrées au lendemain des élections
du 22 juillet par le Lamido et par l'ancien Ministre Hamadjoda
Adjoudji, afin d'éliminer toute opposition à
leur pouvoir dans la ville. Ils n'ont pas hesité à
attaquer leurs propres camarades, des membres du RDPC qui
se sont opposés au Lamido lors des primaires au sein
du Parti-Etat. C'est dans ce cadre que, fidèle à
la tactique qui consiste à diviser pour régner,
ils n'hésitent pas à instrumentaliser les tensions
inter-ethniques dans la ville de Banyo et ses environs.
Alhadji Mamoud Moustapha appel tous les fils et filles de
la ville de Banyo et du département de Mayo-Banyo à
refuser ce piège ethnique tendu par le rdpc et de défendre
ensemble leurs droits légitimes. Il lance un appel
à la communauté nationale et internationale
à prendre des mésures immédiates afin
de prevenir un massacre de civils innocents.
Leur sécurité n'étant plus assurée,
beaucoup de personnes ont dû faire appel à des
vigiles privés pour garder leurs maisons. D'autres
ont dû fuir la ville pour se réfugier à
Ngaoundére, Bertoua, Yaoundé ou même à
l'étranger.
Féodalités
Afin de s'assurer la soumission des citoyens de Banyo par
la terreur, le Lamido exigerait désormais que tout
le monde se mette débout et se décoiffe lorsqu'il
passe dans la rue. Faute de quoi les concernés sont
agressés et battus par la garde du monarque. Une interdiction
a également été lancée vendredi
à plusieurs personnes de venir assister à la
prière de Vendredi à la mosquée centrale
de la ville. Toutes ces mésures sont prises sans aucune
base légale.
En principe le Lamido, gardien de la tradition, symbole de
l’unité et de la paix a pour mission de rassembler
les citoyens. Il est le chef de tous ses sujets et non d’un
groupe, fût-ce celui des supporters du regime de Paul
Biya. En sa qualité d’auxiliaire de l’administration,
il doit transmettre et expliquer à son peuple les directives
du gouvernement mais aussi défendre les intérêts
de son royaume vis-à-vis du pouvoir politique. Sur
le plan spirituel il est la plus haute autorité du
royaume et le personnage le plus proche de l'imam de la Mosquée.
Il doit concourir au développement économique,
social et culturel de Banyo au lieu d'accompagner la ville
dans sa descente aux enfers. En un mot il doit être
un agent de développement et un apôtre de la
paix. Or non seulement pratiquement tous les services publiques
élementaires manquent cruellement (écoles, hopitaux,
poste, hygiène publique...), la ville de Banyo ne dispose
di d'eau potable, ni d'électricité, ni de téléphone.
Il n y a ni fax, ni internet, ni télévision,
ni radio autres que l'inévitable crtv.
Avec son implication dans l'organisation et l'execution d'une
veritable terreur contre ses propres sujets dans le but d'assurer
le Pouvoir au RDPC le Lamido de Banyo a privé ses sujets
du seul bien qui leur restait encore : la paix et l'unité.
Roufaou Oumarou
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