"Ma femme rentre aujourd'hui du Cameroun, où
elle a été reçue hier par Mme Chantal
Biya", annonçait fièrement le leader de
l'extrème-droite française Jean Marie Le Pen
ce 15 mars 2007 avant d'ajouter que la délégation
de son parti, composée entre autres de son responsable
de campagne, Jean-Michel Dubois, et de l'état-major
de l'association "caritative" d'extrême droite
Fraternité française, a été accueillie
"tout à fait affectueusement et fraternellement".
Avant d'aller plus loin rappelons que Jean Marie Le Pen est
le Président du Front National, un parti politique
dont le fondement idéologique est le racisme, l'antisemitisme
et la xénophobie. La haine de l'immigré, en
particulier de l'immigré Noir et Arabe, est le fil
conducteur de tout son combat.
Lorsque j'ai lu la nouvelle sur une audience de la femme
de Le Pen chez Chantal Biya je n'ai pas cru mes yeux. Verifications
faîtes, c'est bien vrai, Madame Biya a bel et bien accordé
une audience à Jany Le pen et à sa délegation.
Devant le tollé soulevé au Cameroun et dans
la Diaspora suite à cette scandaleuse audience le ministre
camerounais de la Communication, Ebenezer Njoh Mouellè
a tenté de limiter les dégats en donnant à
la rencontre un "caractère caritatif". Selon
le site officiel de la présidence de la République,
Jany Le pen était à la tête d’une
délégation de la Fraternité française,
“ une association qui œuvre dans l’humanitaire.
Elle s’est déjà illustrée par des
appuis multiples à la Fondation Chantal Biya. ”
A mon humble avis cette audience est tout simplement honteuse,
idiote, indigne du Cameroun et de l'Afrique. Et un poignard
planté dans le dos des Camerounais de France.
La communauté camerounaise de France est une communauté
dynamique et généreuse. En son sein on trouve
des professeurs d'université, des chercheurs, des écrivains,
des ingénieurs, des industrielles, des commercants,
des chauffeurs de taxi, des balayeurs, des musiciens, des
sportifs, etc. Ils travaillent durent et apportent leur contribution
à la richesse de la France. Ils soutiennent leurs parents
restés au pays en transférant des centaines
de millions d'euros, qui sont ainsi investis chaque année
dans l'économie camerounaise, créant de l'activité
et des emplois.
Les Camerounais de France et de la Disapora envoient de l'argent
au Cameroun pour aider leurs soeurs, leurs frères,
leurs parents, leurs cousins à manger, à se
soigner, à s'habiller, à payer les frais de
scolarités des enfants ou à investir. Certains
créent des entreprises au pays, donnant ainsi du travail
à d'autres Camerounais. D'autres rentrent définitivement
et mettent la compétence acquise à l'étranger
au service de leur patrie.
Selon l’Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE), le transfert financier des immigrés vers leur
pays est supérieur au volume de l'aide publique au développement.
La contribution des diaspora au PIB de leur pays respectif peut atteindre jusqu'à
25%.
Dans le cas des Camerounais de France nous pouvons affirmer que leur aide financière
au Cameroun est plus éfficace que par exemple l'aide publique au développement
que la France octroie au Cameroun. Car pendant que les premiers font des dons
directs aux nécessiteux, investissent dans l'éducation des enfants,
tout cela sans battage médiatique, le second finance des projets à
l'utilité douteuse, subventionne ses propres entreprises sous le label
de l'aide, entretien les réseaux de la Françafrique avec son cortège
de corruption et de néocolonialisme.
Par leurs créations littéraires, leurs publications
dans la presse, par leurs talents et exploits sportifs, par
leurs productions et exploits culturels ils font le rayonnement
du Cameroun à l'étranger.
Le minimum que les Camerounais de France attendent du regime
Biya est de ne pas poser des actes de nature à les
nuire, à défaut de les aider et de les soutenir.
Et non de leur pointer un couteau dans le dos. Les autres
pays à forte Diaspora comme le Nigeria ou le Maroc
soutiennent leurs ressortissants face à la xénophobie
et au racisme.
Jean Marie Le Pen et l'extrême-droite sont des ennemis
mortels pour les Camerounais de France. Etrangers et Noirs,
ils entrent précisement dans la catégorie de
ceux que le Front National ne veut pas avoir en France.
En pactisant avec l'extême-droite française le regime camerounais trahit
sa propre Diaspora, les propres fils et filles de la Nation. En contribuant
à banaliser le Front National le regime de Paul Biya contribue à
banaliser les idées racistes et xénophones qu'il véhicule.
Et il salit également cet image de marque du Cameroun qu'il nous chante
tous les jours (4).
C'est scandaleux, c'est inacceptable. Non seulement pour
des raisons énoncées ci-dessus mais aussi pour
des raisons morales et philosophiques.
Pour Jean Marie Le pen, President du Front National les races ne sont pas égales(1),
autrement dit les hommes ne naissent pas égaux, comme
le proclamment la déclaration universelle des droits
de l'homme et le bon sens, comme on pourrait être tenté
de le croire en ce début du 21ème siècle.
D'après lui il existe une hiérarchie des races
au sommet de laquelle se trouveraient les Blancs ; les Noirs
seraient quelque part au bas de cette échelle.
Voici d'ailleurs ce que pense Le Pen de la Déclaration des droits de
l'Homme: «La Déclaration des droits de l'homme est la mère
de tous les grands mouvements totalitaires du XXe siècle.»(2)
Jean-Marie Le Pen se sent en tant que Blanc personnellement
supérieur á tous les Noirs, y compris au Nègre Paul Biya.
Sa femme, Jany Le Pen serait en tant que Blanche supérieur à tout
Noir, y compris à la Négresse Chantal Biya(3).
Jean Marie Le Pen est le leader de l'extrême-droite en France dont le
fondement idéologique sont le racisme, l'anti-semitisme et la xénophobie.
Il a été condamné plusieurs fois pour des faits de racisme
et d'anti-semitisme en France: reconnu coupable d'apologie de crime de guerre
dont la déportation(27/03/1986) pour l'edition d'un disque sur lequel
on peut entendre "un hymne du parti nazi" et "Vive Hitler"
; reconnu coupable d'antisémitisme incidieux (09/07/1986) ; reconnu coupable
de banalisation d'actes jugés constitutifs de crimes contre l'humanité
(11/10/1989) pour avoir qualifié les chambres à gaz de "point
de détail" de la 2ème guerre mondiale ; reconnu coupable
d'agression d'une candidate socialiste.(29/09/1998), 3 mois avec sursis, 20
000F d'amende, 2 ans d'inéligibilité ; reconnu coupable d'avoir
tenu des propos sur l'inégalité des races avec B.Megret (25/11/1998),
condamné à verser 10 000 FF à L'UEJF (Union des Etudiants
Juifs de France) et à publier a ses frais le jugement dans 3 hebdomadaires
(30 000F par publication).
Jany Le Pen, son épouse partage les positions idéologiques du
Front National. Lors de son voyage chez les pygmées
au Cameroun elle portait un T-shirt avec les initiales du
LPDR, le parti de l’ultra-nationaliste et xénophobe
russe Vladimir Jirinosvki.
C'est cette Jany Le Pen que Chantal Biya a reçu en audience à
Yaoundé le 15 Mars dernier. L'accueil fût, semble-t-il,
tellement amicale, que Jany se répand un peu partout
sur le "soutien" du couple Biya à son mari
candidat à la présidentielle.
Le chef de l'Etat Camerounais, son épouse et le gouvernement
camerounais devraient refuser tout contact avec l'extrême-droite,
qu'elle soit française ou d'ailleurs. Des membres ou
des sympathysants du Front National ne dévraient pas
être autorisés à mettre pied en Afrique
et en aucun cas nous ne dévions leur permettre d'aller
se chercher un label de bonne moralité chez nous.
(1) Affirmation faîte le 28.08.1996, dans laquelle
il explique croire en l'inégalité des races
(2) Déclaration faîte le 28 août 1989 à Trinité
sur Mer
(3) Eh oui, pour les racistes tout ce qui n'est pas 100% Blanc est un être
inférieur!
(4) Le courrier international, par exemple, a publié un article titré
"CAMEROUN • La première dame flirte avec
le clan Le Pen"
Roufaou Oumarou
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